« Je suis un piéton, rien de plus » disait Arthur RIMBAUD, l’homme aux semelles de vent.

 

En collaboration avec l’association Pil out

Et le soutien de l’Association des artistes dyonisiens, festival A pied, en vélo, ADADA

 

Le samedi 15 et le dimanche 16 octobre 2005, une vingtaine de danseurs ont accompli un parcours de marche danse butô de 24 heures à travers la ville de Saint-Denis.

A l’origine de cet événement, la récente piétonisation du centre ville : il s’agissait pour les protagonistes de l’Essoreuse, et de Pil’Out, deux associations implantées dans cette ville,  de marquer la réappropriation de l’espace urbain par la marche et la danse.

La danse, témoignage du libre usage de l’espace, dans un temps retrouvé, une durée pour le moins étirée.

 

La proposition fut double :

  • celle d’accomplir une totalité temporelle, une unité rarement parcourue, celle de la journée, le tour du cadran. Pour cela les danseurs se divisèrent en trois groupes qui effectuèrent en se relayant 3 parcours de trois heures, de jour comme de nuit.

  • Se rassembler dans une forme collective plus spectaculaire à l’issue des 24 heures, ayant pour symbolique « l’enterrement de la voiture ». Une vingtaine de danseurs s’extrayaient d’une voiture puis tiraient les pièces détachées de carcasses de voitures.

 

Les deux volets de cette performance font unanimement appel à la notion de groupe. Retour à l’échange et au collectif quand la voiture, elle, a tendance à isoler.

 

  Le butô et la marche

 

La seule forme fixe que propose le butô est une marche, le suri-ashi. A partir de là se déclinent de multiple types de marches qui développent de manière poétique le rapport de l’homme à la terre et à l’espace : marche lumineuses, marche sur l’eau, mais aussi des improvisations libres dans l’espace urbain, et des situations de groupe proches de la danse contact. Chaque groupe était libre d’effectuer son panachage suivant les transformations du milieu urbain et humain.

 

Entre la marche et la poésie, il n’y a qu’un pas…

De nombreux poètes furent aussi des marcheurs. Arpenteurs des campagnes mais aussi des villes. La marche, considérée à bien des niveaux comme la première danse, est une expérience poétique, une ballade ou s’entremêlent l’expérience intérieure - pensées, souvenirs, rêves éveillés – et la captation des paysages et de toutes les autres sensations auditives, olfactives… que nous offre la ville. La diversité des moments de la journée et de la nuit, combinée à la durée des parcours de marche dansée en sera pourvoyeuse.

 

   Saint Denis le piéton

 

La fondation de Saint-Denis, c’est déjà un parcours (sans tête…), le parcours de Denis le saint de Paris à ici (combien d’heures, on le sait ???), … sans queue ni tête, notre parcours ?

Sans tête. « Pour danser, il faut couper la tête » (Masaki Iwana, danseur de butô). Signifiant l’abandon de la logique rationnelle pour improviser, au profit de mécanismes où les sensations sont en prise plus directe avec la motricité.

Réussirons-nous à nous libérer de nos défenses perceptives habituelles dans un espace ouvert ?

les itinérantes…

« UN PIÉTON, RIEN DE MOINS »

 

Parcours chorégraphique de 24 h dans Saint-Denis Piéton.

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